À propos des commotions cérébrales
Une commotion cérébrale est une affection courante causée par un coup, une secousse ou un traumatisme crânien, ou par un choc au cou ou au corps, qui transmet la force de l'impact au cerveau. Elle se manifeste généralement par des symptômes tels que des maux de tête, des étourdissements, de la confusion ou des troubles de l'équilibre. Bien que la plupart des cas guérissent en deux semaines (adultes) ou quatre semaines (enfants), certaines personnes peuvent présenter des symptômes persistants. Les professionnels de la santé doivent demeurer vigilants et surveiller l'apparition de signes et de symptômes de lésions cérébrales, crâniennes ou cervicales plus graves.
À propos des parcours de soins du CCG
Objectif
Les parcours de soins des CCG (Clinical Commissioning Groups) offrent des recommandations structurées et fondées sur des données probantes aux cliniciens offrant des soins conservateurs et non chirurgicaux pour les affections musculo-squelettiques courantes. Ils décrivent les étapes clés de la consultation, favorisent une prise de décision sûre et appropriée et facilitent l'orientation vers un spécialiste ou une prise en charge conjointe lorsque cela est indiqué. Ces parcours sont conçus comme des outils pratiques et conviviaux qui complètent, et non remplacent, le jugement clinique.
Développement
Les parcours de soins sont élaborés à partir des meilleures données probantes disponibles, issues de recommandations de pratique clinique de haute qualité lorsqu'elles existent, et d'analyses systématiques et de consensus d'experts lorsque les données probantes issues de recommandations sont limitées ou en constante évolution. Le contenu est régulièrement mis à jour afin d'intégrer les nouvelles recherches et les meilleures pratiques actuelles. La contribution des cliniciens, des formateurs et des chercheurs permet d'assurer la pertinence des parcours, leur adéquation à la pratique clinique et leur capacité à répondre aux besoins des utilisateurs.
Principes des soins conservateurs
Les affections musculo-squelettiques sont multifactorielles et souvent influencées par des facteurs physiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Par conséquent, il n’existe pas de solution unique pour tous les patients. Une prise en charge efficace doit être éthique, fondée sur des données probantes, transparente, flexible et adaptée aux besoins individuels. La décision partagée garantit que les soins correspondent aux objectifs et aux valeurs du patient. Un suivi continu et une évaluation des résultats soutiennent une approche centrée sur la personne et permettent d'ajuster les plans de soins en temps opportun. Les soins peuvent être dispensés en personne, en téléconsultation ou selon des modèles hybrides, selon les préférences du patient, l'accès aux soins et le jugement clinique.
Avis de non-responsabilité
Les parcours de soins des CCG visent à appuyer, et non à remplacer, la prise de décision clinique professionnelle ou l'avis d'un professionnel de la santé qualifié. Les recommandations sont fondées sur des données probantes et présentées dans un langage simplifié et accessible afin de faciliter leur compréhension et leur application cliniques. Les termes employés ne constituent pas une terminologie diagnostique ou de facturation officielle, et ces parcours n'ont aucun caractère prescriptif, officiel ou réglementaire.
Les professionnels de la santé sont tenus de mettre en œuvre leur expertise clinique et de consulter des sources faisant autorité, telles que les normes et politiques réglementaires, les systèmes de classification diagnostique (par exemple, la CIM-10-CA), les documents relatifs au champ d'exercice, les ressources de formation continue et la littérature scientifique évaluée par les pairs. Les protocoles proposés peuvent ne pas s'appliquer à toutes les situations cliniques et doivent toujours être interprétés en fonction des besoins individuels du patient.
Parcours de soins en cas de commotion cérébrale
1. Tenue des registres
Une documentation précise, opportune et exhaustive est essentielle à la qualité des soins fondés sur des données probantes. Les dossiers cliniques doivent refléter clairement les interactions avec le patient, le raisonnement clinique et son évolution au fil du temps, et doivent respecter toutes les normes réglementaires en vigueur.
Les fournisseurs sont encouragés à utiliser un format de note structuré, tel que le cadre SOAP, afin de favoriser la cohérence, la clarté et la continuité des soins.
Subjectif : Enregistrez les symptômes rapportés par le patient, ses préoccupations, les changements fonctionnels, les facteurs contextuels (par exemple, les influences psychosociales ou environnementales) et ses réponses aux soins antérieurs.
Objectif: Enregistrez les résultats mesurables ou observables, y compris les résultats de l'examen physique, les tests diagnostiques pertinents, les évaluations fonctionnelles et tout changement cliniquement significatif.
Évaluation: Fournir l'interprétation clinique des résultats, y compris les impressions diagnostiques ou les mises à jour, l'identification des principaux facteurs de risque ou modificateurs, et l'évaluation de l'état ou de l'évolution du patient.
Planifier: Décrire la stratégie de prise en charge, y compris les traitements administrés, les modifications apportées, l'éducation du patient et les recommandations d'autogestion, les orientations, les décisions de cogestion et le suivi prévu.
La documentation doit être complétée en temps réel et conservée conformément aux exigences réglementaires en matière de confidentialité, de sécurité et de conservation des dossiers. Des dossiers de qualité contribuent à la sécurité des patients, facilitent la communication interprofessionnelle, permettent une prise de décision partagée et favorisent la continuité et la responsabilisation des soins.
2. Consentement éclairé
- Définition: Un processus par lequel le patient consent volontairement aux interventions de soins de santé proposées après avoir reçu des renseignements adéquats sur leur nature, leurs avantages, leurs risques et les alternatives possibles.
- Aspects clés :
- Avant l'interaction : Obtenez le consentement du patient avant tout examen diagnostique ou traitement. Assurez-vous qu'il comprenne les examens et les traitements prévus, les résultats attendus et qu'il ait la possibilité de poser des questions.
- Volontairement et spécifiquement : Le consentement doit être donné librement, sans contrainte, et concerner précisément l'affection et le traitement proposé. Le patient doit aussi comprendre qu'il peut retirer son consentement à tout moment.
- Processus transparent : Le consentement doit être obtenu de bonne foi, avec une explication claire de l'affection et des interventions proposées. Il ne s'agit pas d'un acte ponctuel, mais d'un dialogue continu avec le patient.
- Compréhension et entente du patient :
- Diagnostic/pronostic : Expliquez clairement les résultats, en utilisant un langage compréhensible et des éléments visuels si nécessaire.
- Plan de traitement : Présentez les traitements recommandés et expliquez comment ils correspondent aux objectifs du patient. Discutez des avantages, des risques et des alternatives.
- Questions : Encouragez les questions et vérifiez la compréhension (par exemple, en procédant à une “ reformulation ”).
- Documentation : Enregistrez le processus de consentement, y compris les renseignements fournis, les questions du patient et le consentement explicite donné.
3. Historique médical
- Faire preuve de sensibilité culturelle et principes de soins tenant compte des traumatismes.
- Informations sociodémographiques : Âge, sexe, genre, race/origine ethnique.
- Caractéristiques des blessures :
- Mécanisme de la blessure : coup à la tête ou secousse soudaine à la tête ; contexte de la blessure (par exemple, chute, sport, collision de véhicules motorisés, collision avec un objet).
- Symptômes et chronologie (immédiate ou évolutive) :
- Physique: Perte de conscience, étourdissements, troubles de l'équilibre, maux de tête, nausées/vomissements, troubles visuels, sensibilité à la lumière/au bruit, réactions inappropriées aux stimuli.
- Cognitif: Confusion, problèmes de mémoire, réponses retardées, désorientation, difficultés de concentration.
- Émotionnel/Comportemental : Irritabilité, instabilité émotionnelle, sautes d'humeur, anxiété.
- Lié au sommeil : Difficultés à s'endormir, réveils nocturnes, troubles du sommeil.
- Inventaire des symptômes : Identifier les symptômes nouveaux ou aggravés. Utilisez des listes de contrôle standardisées des symptômes (par exemple, SCAT6) pour recenser les maux de tête, les nausées, les vomissements, les problèmes d'équilibre, les étourdissements, la fatigue, les troubles du sommeil, la sensibilité à la lumière/au bruit, les problèmes émotionnels, l'engourdissement, les problèmes de concentration/de mémoire, les troubles visuels, etc.
- Caractéristiques des symptômes : Localisation, apparition, durée, rayonnement, fréquence, intensité, caractère, facteurs aggravants/soulageants.
- Revue des systèmes corporels : Neurologique, cardiovasculaire (y compris l'hypertension), génito-urinaire, gastro-intestinal, muscles et articulations, densité osseuse, yeux/oreilles/nez/gorge, respiratoire, cutané, santé mentale, reproducteur.
- Santé, mode de vie et histoire : Antécédents médicaux ou affections concomitantes (y compris maux de tête, migraines, troubles de santé mentale, troubles d'apprentissage, TDAH, troubles du développement, épilepsie/crises d'épilepsie, syncope), médicaments (y compris les opioïdes), suppléments, blessures, hospitalisations, interventions chirurgicales, exercice physique, habitudes de sommeil, tabagisme, consommation d'alcool/substances, soutien familial, responsabilités des aidants, environnement de travail/scolaire.
- Déterminants sociaux de la santé: Emploi, garde d'enfants, éducation, nutrition, logement, violence domestique, maltraitance infantile, discrimination, isolement social.
- Traitements antérieurs et réponses : Documenter les traitements antérieurs, leur efficacité et tout effet indésirable.
- Croyances et attentes : Évaluer la compréhension du patient concernant sa maladie, les objectifs du traitement et les résultats attendus.
- Considérations relatives aux drapeaux : Identifier Les drapeaux rouges, oranges et jaunes signalent les recommandations potentielles.
- Outils spécifiques aux commotions cérébrales : Afin de faciliter l'anamnèse et l'examen physique appropriés.
- Outil d'évaluation des commotions cérébrales dans le sport SCAT6, Outil d'évaluation de bureau SCOAT6: 13 ans et plus
- Outil d'évaluation des commotions cérébrales dans le sport enfant SCAT6, Outil d'évaluation de bureau enfant SCOAT6: 8 à 12 ans
Évaluations des résultats : Privilégier les approches qui correspondent aux objectifs spécifiques et au tableau clinique du patient.
- Inventaire des symptômes : Usage RPQ, PCSS.
- Douleur: Utilisez des échelles de douleur (par exemple, NRS), diagramme de la douleur.
- Fonction et participation : Évaluer l'impact de la commotion cérébrale sur les activités quotidiennes (PSFS, QUI EST-CE ?, HIT-6).
- Reprise: Usage Échelles d'auto-évaluation du rétablissement.
- Qualité de vie : Évaluer à l'aide d'outils tels que SF-12.
- Statut professionnel/scolaire : Surveiller la reprise des activités.
- Qualité du sommeil : Évaluer à l'aide d'outils tels que PSQI.
- Objectifs individuels : Ensemble définition d'objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Pertinent, Opportun).
- Commentaires des patients : Recueillir et intégrer l'expérience et la satisfaction des patients.
4. Signes d'alerte : Diagnostic différentiel nécessitant une consultation médicale
ACTION : Orienter immédiatement vers les services d'urgence :
- Règle canadienne de tomodensitométrie de la tête: GCS <15 à 2 heures, suspicion de fracture du crâne, signes de fracture basale (écoulement de liquide des oreilles/du nez, yeux de raton laveur, signe de Battle), vomissements ≥2 épisodes, âge ≥65 ans.
- Règle canadienne de la colonne cervicale : Âge ≥ 65 ans, mécanisme dangereux, faiblesse/picotements dans les extrémités, incapacité à tourner le cou de 45° à gauche/droite, sensibilité de la ligne médiane.
- Règle PECARN relative aux traumatismes crâniens mineurs (Enfants <2 ans) : score GCS <15, altération de l'état mental, fracture du crâne palpable, hématome du cuir chevelu (sauf frontal), perte de conscience ≥5 secondes, mécanisme de blessure grave (par exemple, chute >3 pieds), comportement anormal selon le parent.
- Autres signaux d'alarme : Crise convulsive, diplopie, céphalée intense/aggravée, déformation crânienne visible, détérioration de l'état de conscience, agitation.
5. Signaux d'alerte (drapeaux orange) : Symptômes de troubles psychiatriques nécessitant une orientation vers un spécialiste
Les cliniciens doivent prendre en charge rapidement les symptômes de troubles mentaux potentiels afin de prévenir tout préjudice, grâce à des orientations appropriées et opportunes.
ACTION : Orienter vers des soins immédiats (urgence, professionnel de la santé physique ou mentale) :
- Idées suicidaires : Pensées, projets ou déclarations concernant le suicide ou sentiments de désespoir.
- Symptômes graves et aigus : Détresse psychologique aiguë, telle que psychose, crise de panique sévère.
- Idéation du préjudice : Intention ou projet de s’automutiler, de commettre des actes de violence ou de nuire à autrui.
ACTION : Orienter vers un professionnel de la santé physique ou mentale approprié :
- Symptômes persistants et non urgents : Symptômes affectant le fonctionnement quotidien (par exemple, baisse de moral, anxiété, troubles du sommeil, retrait social, consommation de substances).
ACTION : Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale :
- Triage : Assurer une prise en charge initiale par des professionnels de la santé (médecins/psychiatres).
- Traitement musculo-squelettique (MSK) : Gérer les affections musculo-squelettiques liées ou concomitantes à des troubles psychologiques.
- Outils de dépistageSélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification de la prise en charge sans poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
6. Signaux d'alerte : Facteurs psychosociaux susceptibles de retarder la guérison
Des obstacles non liés à la santé peuvent retarder la guérison ; un dépistage et une intervention précoces peuvent améliorer les résultats.
Facteurs :
- IndividuInquiétude, peur du mouvement, faibles attentes de rétablissement, faible sentiment d'efficacité personnelle, recours aux traitements passifs, évitement de l'activité.
- SocialManque de soutien familial et social, liens sociaux limités.
- Socio-économiqueSituation professionnelle, difficultés financières, litiges/indemnisation.
- Environnemental/culturelInégalités sociales, environnements dangereux/non favorables.
- Événements de la vie: Transitions majeures (par exemple, divorce, perte d'emploi), facteurs de stress chroniques (par exemple, soins aux personnes dépendantes).
- Travail/écoleStress élevé, mauvais équilibre travail-vie personnelle, accommodements limités en cas de blessure ou de maladie.
ACTION: Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale :
- Éducation et bien-être personnel : Fournir des ressources pour (par exemple, la gestion du stress, les stratégies d'adaptation, les activités progressives).
- Surveiller et coordonner : Évaluer régulièrement les difficultés psychosociales ; référer à un professionnel de la santé physique ou mentale si elles persistent.
- Outils de dépistage : Sélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification des interventions (conformément aux recommandations du système d'alerte orange), sans pour autant poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
7. Examen physique
- Observation: Anomalies, asymétries, posture, équilibre, coordination, démarche, mouvements, expression faciale.
- Amplitude du mouvement : Évaluer l'amplitude des mouvements actifs, passifs et contre résistance du rachis cervical en flexion, extension, inclinaison latérale et rotation. Prendre note de toute hypo- ou hypermobilité régionale ou segmentaire ainsi que des mouvements anormaux.
- Palpation : Examiner la région cervicale à la recherche de sensibilité, d'enflure, de tension ou de changements de température au niveau des os, des articulations et des tissus mous.
- Examen neurologique :
- Tests des nerfs crâniens
- CN I (Olfatique): Odorat
- CN II (Optique): Acuité visuelle et champs visuels
- CN III, IV, VI (Oculomoteur, Trochléaire, Abducens): Mouvements oculaires, réponse pupillaire
- Nerf crânien V (trijumeau): Sensibilité faciale, muscles masticateurs
- CN VII (Facial): Expressions faciales (sourire, froncement de sourcils), goût (2/3 avant de la langue)
- CN VIII (Vestibulocochléaire): Audition et équilibre
- CN IX, X (glossopharyngé, vague): Réflexe nauséeux, élévation du palais, déglutition
- CN XI (Accessoire): Haussement des épaules, rotation de la tête
- CN XII (Hypoglosse): Mouvements de la langue (déviation)
- Tests de force motrice : Évaluer la présence d'asymétrie ou de faiblesse dans les principaux groupes musculaires :
- C5 : abduction de l'épaule
- C6 : extension du poignet
- C7Flexion du poignet et extension des doigts
- C8Flexion des doigts
- T1: Abduction/adduction des doigts
- L2 : flexion de la hanche
- L3 : Extension du genou
- L4 : Dorsiflexion du pied et contribution partielle à l'inversion du pied
- L5 : Dorsiflexion du pied, extension du gros orteil et inversion du pied
- L5/S1 : flexion du genou
- S1 : Flexion plantaire et éversion du pied
- S2 : flexion du gros orteil
- Tests sensoriels : Évaluer les déficits sensoriels selon les distributions dermatomales :
- C5Côté du bras (au-dessus du deltoïde)
- C6Face latérale de l'avant-bras, pouce, index
- C7Doigt d'honneur
- C8: Annulaire, auriculaire, face interne de l'avant-bras
- T1: Face interne du bras (juste au-dessus du coude)
- T2 : Aisselle et partie supérieure interne du bras
- L3 : Face interne de la cuisse au niveau du genou
- L4 : Face interne du mollet
- L5 : Dessus du pied et des orteils
- S1 : Face latérale du pied et du petit orteil
- Tests réflexes : Évaluer la présence d'asymétrie, de réflexes diminués ou absents :
- C5Réflexe biceps
- C6 : réflexe brachioradial
- C7Réflexe du triceps
- L4 : Réflexe rotulien
- L5 : Réflexe des ischio-jambiers médiaux
- S1 : réflexe achilléen
- Fonction cérébelleuse, vestibulaire et proprioceptive :
- Coordination et fonction cérébelleuse: test doigt-nez, talon-tibia, mouvements alternés rapides, test de rebond
- Équilibre, fonction vestibulaire et proprioceptive : tests de Romberg, de marche en tandem, VOMS (dépistage oculomoteur vestibulaire), tests d’équilibre (par exemple, Balance Error Scoring System [BESS]).
- Évaluations de la mémoire et des fonctions cognitives : Rappel immédiat et différé, tâches d'orientation et de concentration.
- Signes du motoneurone supérieur : Rechercher une hypertonie musculaire, une hyperréflexie et des réflexes pathologiques (p. ex., signe de Babinski, clonus). Ces signes peuvent indiquer des affections du système nerveux central (p. ex. myélopathie cervicarthrosique, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral, lésions médullaires).
- Signes du motoneurone inférieur : Évaluer l'atrophie musculaire, les fasciculations, la diminution du tonus musculaire et la perte de fonction symétrique. Ces signes peuvent indiquer une affection neurologique systémique (par exemple, radiculopathie, neuropathie périphérique, SLA, amyotrophie spinale).
- Tests des nerfs crâniens
- Signes vitaux : Surveiller la pression artérielle et le rythme cardiaque en position couchée et debout.
- Diagnostics avancés : Appliquer les règles de tomodensitométrie de la tête et de la colonne cervicale comme indiqué (section 4).
- Outils spécifiques aux commotions cérébrales : Intégrer SCAT6, SCOAT6, enfant SCAT6, enfant SCOAT6 pour guider l'examen et la documentation.
8. Diagnostic
Critère: Un coup à la tête ou une secousse soudaine de la tête avec au moins un des éléments suivants :
- Imagerie : Preuve évidente d'un traumatisme crânien.
- ≥1 Signes cliniques : Altération de l'état mental, perte de conscience (<30 min), amnésie (<24 h), signes neurologiques (par exemple, crise d'épilepsie, problèmes de coordination).
- ≥2 Symptômes : Sensation de confusion ou d'hébétude, symptômes physiques (maux de tête, nausées, étourdissements, sensibilité à la lumière/au son), symptômes cognitifs (sentiment d'épuisement, fatigue, confusion mentale), symptômes émotionnels (irritabilité, tristesse).
9. Considérations relatives au traitement des commotions cérébrales
A. Gestion initiale (CDC 2022, David 2019, Marshall et al., 2023, Patricios et al., 2023, Reed et al., 2021)
- Éducation et réconfort : Fournissez des renseignements clairs sur le processus de reprise habituel, en insistant sur la reprise graduelle des activités. Dissiper tout malentendu et encouragez les questions pour assurer une bonne compréhension.
- Repos et reprise graduelle : Privilégier un repos physique et cognitif de courte durée (24 à 48 heures), suivi d'une augmentation progressive des niveaux d'activité selon la tolérance (par exemple, travail, école, conduite, sport), en intégrant une activité physique légère précoce (par exemple, exercice aérobique sous le seuil symptomatique).
- Retour à l'apprentissage et retour au sport : Suivre SCOAT6, enfant SCOAT6 protocoles. Prioriser l'apprentissage avant le sport.
- Encouragez les soins personnels : Encouragez l'exercice physique, une alimentation saine, une bonne hygiène du sommeil, la gestion du stress, le maintien d'un poids corporel sain et évitez de fumer ou de consommer des substances illicites.
B. Gestion des symptômes (CDC 2022, David 2019, Marshall et al., 2023, Patricios et al., 2023, Reed et al., 2021)
Utilisez SCAT6/SCOAT6 pour orienter les interventions spécifiques aux symptômes.
Une prise en charge multidisciplinaire peut être nécessaire, surtout en cas de symptômes persistants.
- Maux de tête et douleurs cervicales :
- Thérapie par l'exercice : cervico-vestibulaire, renforcement musculaire, amplitude de mouvement, aérobie, thérapie corps-esprit (ex. : yoga).
- Thérapie manuelle : Manipulation vertébrale/mobilisation, techniques des tissus mous, massage clinique ou de relaxation pour la nuque et le haut du dos.
- Médicaments : Utiliser avec modération des analgésiques en vente libre ou sur ordonnance afin d’éviter les maux de tête par surconsommation médicamenteuse. Discuter des options et des risques avec un professionnel de la santé.
- Problèmes de sommeil ou fatigue :
- Modification du comportement : Hygiène du sommeil et rapport activité-tolérance stratégies.
- Soutien psychologique : par exemple, thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
- Suppléments alimentaires : par exemple, mélatonine, zinc, magnésium.
- Problèmes de santé mentale, émotionnels ou comportementaux :
- Soutien psychologique : TCC, psychoéducation.
- Orientation : par exemple, médecin de famille, psychologue, psychiatre.
- Problèmes cognitifs/de mémoire :
- Modification des comportements : adaptation ou modifications du lieu de travail/de l’école, hygiène du sommeil.
- Soutien psychologique : par exemple, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
- Orientation : par exemple, médecin de famille, neuropsychologue.
- Problèmes vestibulaires (équilibre/vertiges) et de vision :
- Rééducation vestibulaire et oculomotrice :
- Exercice aérobique sous le seuil symptomatique : activités aérobiques de faible intensité qui n’exacerbent pas les symptômes (par exemple, la marche, le vélo stationnaire).
- Exercices cervico-vestibulaires : Inclure des exercices d’amplitude articulaire non provocateurs, des exercices de stabilité posturale et des exercices de flexion et d’extension cranio-vertébrales.
- Exercices vestibulo-oculomoteurs : exercices ciblant les mouvements et la coordination des yeux (par exemple, la stabilisation du regard, les saccades).
- Modification du comportement :
- Aménagements du lieu de travail/de l'école : Réduire les facteurs déclencheurs en prévoyant des pauses, en limitant le temps passé devant les écrans, en fournissant un espace de travail calme et en accordant plus de temps aux tâches.
- Modifications des activités : Adapter les activités quotidiennes afin d'éviter l'exacerbation des symptômes tout en favorisant un retour graduel à un fonctionnement normal.
- Manœuvres de repositionnement des otolithes :
- Manœuvre d'Epley: Série de mouvements de la tête et du corps pour traiter le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB).
- Brandt-Daroff Exercices : Exercices à faire à la maison pour réduire les étourdissements et améliorer la fonction vestibulaire.
- Orientation : par exemple, médecin de famille, thérapeute vestibulaire.
- Rééducation vestibulaire et oculomotrice :
10. Facteurs de risque et de pronostic
- Facteurs de risque communs : (Santé publique Ontario 2021, CDC 2022, Eliason et al., 2023, Abrahams et al., 2014)
- Antécédents de commotion cérébrale, âge avancé, sexe féminin, pratique de sports de contact, positions de jeu spécifiques, équipement de protection inadéquat, jeu agressif, troubles mentaux ou neurologiques, fatigue et environnements peu sécuritaires
- Pronostic : (Carol et al., 2020, Carol et al., 2023, Marshall et al., 2023)
- La plupart des gens guérissent en quelques jours à quelques semaines, mais les symptômes peuvent persister. Être étudiant ou âgé est associé à des symptômes prolongés.
- Facteurs pronostiques négatifs courants : Douleur et invalidité initiales élevées ; nombre initial élevé de symptômes ; faibles attentes de rétablissement ; antécédents de commotions cérébrales ; maux de tête préexistants, problèmes de santé mentale, troubles du développement, déficience cognitive, troubles d’apprentissage, TDAH ; stress post-traumatique, anxiété, dépression.
11. Suivi continu
- Suivre les progrès : Réévaluer les symptômes, l'état fonctionnel et les résultats rapportés par le patient à intervalles appropriés. S'assurer que les soins demeurent conformes aux objectifs, aux valeurs et aux attentes du patient.
- Adapter le plan de traitement : Réajuster constamment le plan de prise en charge en fonction de l'évolution des objectifs, de la réponse au traitement, des observations cliniques et du jugement professionnel. Modifier les interventions, la posologie, la fréquence ou l'orientation au besoin pour favoriser une amélioration significative.
- Soutenir l'autogestion : Consolidez la compréhension du patient concernant les stratégies à domicile, les recommandations d'activités et les approches comportementales. Encouragez l'observance du traitement et identifiez les obstacles qui pourraient entraver les progrès.
- Identifier les plateaux ou les changements de statut : Identifier les phases d'amélioration, de stabilisation ou d'aggravation de l'état du patient. Réévaluer les facteurs contributifs tels que les comorbidités, les influences psychosociales ou l'apparition de nouvelles limitations fonctionnelles.
- Orientation et cogestion : Envisagez une orientation ou une prise en charge conjointe avec un professionnel de la santé approprié en cas d'amélioration limitée ou inexistante dans un délai prévu (par exemple, de 6 à 8 semaines), lorsque des résultats nouveaux ou préoccupants apparaissent, ou lorsqu'une expertise supplémentaire est nécessaire pour assurer des soins optimaux.
- Documentation : Enregistrez les évaluations de suivi, les modifications apportées au plan, les commentaires des patients, la réévaluation des objectifs et toute décision de référence ou de cogestion.
12. Critères de sortie
- Critères de sortie : Établissez des critères clairs pour la fin des soins actifs. Il peut s'agir de l'atteinte des objectifs initiaux du patient, d'une amélioration significative des symptômes ou des capacités fonctionnelles, d'une stabilisation des progrès ou du passage à l'autogestion comme approche principale. Tenez compte des préférences du patient, de ses besoins fonctionnels et de votre jugement clinique pour déterminer son aptitude à quitter l'établissement.
- Réévaluation clinique : Avant le congé, effectuez une réévaluation ciblée afin de confirmer la stabilité des symptômes, l'état fonctionnel et la confiance du patient dans la gestion de sa maladie. Répondez à toutes les préoccupations restantes et assurez-vous qu'aucun nouveau problème ne nécessite une évaluation supplémentaire.
- Planification post-hospitalisation : Discutez des stratégies d'autogestion en cours, notamment des recommandations d'activités, des exercices à la maison, des changements comportementaux ou du mode de vie et du suivi des symptômes. Indiquez quand revenir pour un suivi, quand consulter un médecin et quels indicateurs devraient inciter à une évaluation médicale.
- Besoins futurs en matière de soins : Précisez les options de soins ponctuels, de consultations préventives ou de reprise de contact avec le professionnel de la santé en cas de réapparition des symptômes ou d'évolution des besoins fonctionnels. Encouragez une communication continue si de nouvelles préoccupations surviennent.
- Documentation : Enregistrez le motif du congé, l'état du patient au moment de sa sortie, les recommandations d'autogestion fournies et le plan de suivi convenu.
Références
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