À propos des douleurs au cou
La cervicalgie est une affection courante qui peut être aiguë ou persistante, se manifestant par une douleur sourde ou aiguë. La plupart des cas répondent bien aux traitements conservateurs, bien que des pathologies sous-jacentes graves nécessitant une prise en charge médicale soient possibles.
À propos des parcours de soins du CCG
Objectif
Les parcours de soins des CCG (Clinical Commissioning Groups) offrent des recommandations structurées et fondées sur des données probantes aux cliniciens offrant des soins conservateurs et non chirurgicaux pour les affections musculo-squelettiques courantes. Ils décrivent les étapes clés de la consultation, favorisent une prise de décision sûre et appropriée et facilitent l'orientation vers un spécialiste ou une prise en charge conjointe lorsque cela est indiqué. Ces parcours sont conçus comme des outils pratiques et conviviaux qui complètent, et non remplacent, le jugement clinique.
Développement
Les parcours de soins sont élaborés à partir des meilleures données probantes disponibles, issues de recommandations de pratique clinique de haute qualité lorsqu'elles existent, et d'analyses systématiques et de consensus d'experts lorsque les données probantes issues de recommandations sont limitées ou en constante évolution. Le contenu est régulièrement mis à jour afin d'intégrer les nouvelles recherches et les meilleures pratiques actuelles. La contribution des cliniciens, des formateurs et des chercheurs permet d'assurer la pertinence des parcours, leur adéquation à la pratique clinique et leur capacité à répondre aux besoins des utilisateurs.
Principes des soins conservateurs
Les affections musculo-squelettiques sont multifactorielles et souvent influencées par des facteurs physiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Par conséquent, il n’existe pas de solution unique pour tous les patients. Une prise en charge efficace doit être éthique, fondée sur des données probantes, transparente, flexible et adaptée aux besoins individuels. La décision partagée garantit que les soins correspondent aux objectifs et aux valeurs du patient. Un suivi continu et une évaluation des résultats soutiennent une approche centrée sur la personne et permettent d'ajuster les plans de soins en temps opportun. Les soins peuvent être dispensés en personne, en téléconsultation ou selon des modèles hybrides, selon les préférences du patient, l'accès aux soins et le jugement clinique.
Avis de non-responsabilité
Les parcours de soins des CCG visent à appuyer, et non à remplacer, la prise de décision clinique professionnelle ou l'avis d'un professionnel de la santé qualifié. Les recommandations sont fondées sur des données probantes et présentées dans un langage simplifié et accessible afin de faciliter leur compréhension et leur application cliniques. Les termes employés ne constituent pas une terminologie diagnostique ou de facturation officielle, et ces parcours n'ont aucun caractère prescriptif, officiel ou réglementaire.
Les professionnels de la santé sont tenus de mettre en œuvre leur expertise clinique et de consulter des sources faisant autorité, telles que les normes et politiques réglementaires, les systèmes de classification diagnostique (par exemple, la CIM-10-CA), les documents relatifs au champ d'exercice, les ressources de formation continue et la littérature scientifique évaluée par les pairs. Les protocoles proposés peuvent ne pas s'appliquer à toutes les situations cliniques et doivent toujours être interprétés en fonction des besoins individuels du patient.
Parcours de soins pour les douleurs cervicales
1. Tenue des registres
Une documentation précise, opportune et exhaustive est essentielle à la qualité des soins fondés sur des données probantes. Les dossiers cliniques doivent refléter clairement les interactions avec le patient, le raisonnement clinique et son évolution au fil du temps, et doivent respecter toutes les normes réglementaires en vigueur.
Les fournisseurs sont encouragés à utiliser un format de note structuré, tel que le cadre SOAP, afin de favoriser la cohérence, la clarté et la continuité des soins.
Subjectif : Enregistrez les symptômes rapportés par le patient, ses préoccupations, les changements fonctionnels, les facteurs contextuels (par exemple, les influences psychosociales ou environnementales) et ses réponses aux soins antérieurs.
Objectif: Enregistrez les résultats mesurables ou observables, y compris les résultats de l'examen physique, les tests diagnostiques pertinents, les évaluations fonctionnelles et tout changement cliniquement significatif.
Évaluation: Fournir l'interprétation clinique des résultats, y compris les impressions diagnostiques ou les mises à jour, l'identification des principaux facteurs de risque ou modificateurs, et l'évaluation de l'état ou de l'évolution du patient.
Planifier: Décrire la stratégie de prise en charge, y compris les traitements administrés, les modifications apportées, l'éducation du patient et les recommandations d'autogestion, les orientations, les décisions de cogestion et le suivi prévu.
La documentation doit être complétée en temps réel et conservée conformément aux exigences réglementaires en matière de confidentialité, de sécurité et de conservation des dossiers. Des dossiers de qualité contribuent à la sécurité des patients, facilitent la communication interprofessionnelle, permettent une prise de décision partagée et favorisent la continuité et la responsabilisation des soins.
2. Consentement éclairé
- Définition: Un processus par lequel le patient consent volontairement aux interventions de soins de santé proposées après avoir reçu des renseignements adéquats sur leur nature, leurs avantages, leurs risques et les alternatives possibles.
- Aspects clés :
- Avant l'interaction : Obtenez le consentement du patient avant tout examen diagnostique ou traitement. Assurez-vous qu'il comprenne les examens et les traitements prévus, les résultats attendus et qu'il ait la possibilité de poser des questions.
- Volontairement et spécifiquement : Le consentement doit être donné librement, sans contrainte, et concerner précisément l'affection et le traitement proposé. Le patient doit aussi comprendre qu'il peut retirer son consentement à tout moment.
- Processus transparent : Le consentement doit être obtenu de bonne foi, avec une explication claire de l'affection et des interventions proposées. Il ne s'agit pas d'un acte ponctuel, mais d'un dialogue continu avec le patient.
- Compréhension et entente du patient :
- Diagnostic/pronostic : Expliquez clairement les résultats, en utilisant un langage compréhensible et des éléments visuels si nécessaire.
- Plan de traitement : Présentez les traitements recommandés et expliquez comment ils correspondent aux objectifs du patient. Discutez des avantages, des risques et des alternatives.
- Questions : Encouragez les questions et vérifiez la compréhension (par exemple, en procédant à une “ reformulation ”).
- Documentation : Enregistrez le processus de consentement, y compris les renseignements fournis, les questions du patient et le consentement explicite donné.
3. Historique médical
- Faire preuve de sensibilité culturelle et principes de soins tenant compte des traumatismes.
- Informations sociodémographiques : Âge, sexe, genre, race/origine ethnique.
- Plainte principale : Localisation, apparition, durée, irradiation, fréquence, intensité, caractère, facteurs aggravants/soulageants, symptômes associés.
- Revue des systèmes corporels : Neurologique, cardiovasculaire, génito-urinaire, gastro-intestinal, musculo-squelettique, densité osseuse, yeux/oreilles/nez/gorge, respiratoire, cutané, santé mentale, reproducteur.
- Santé, mode de vie et histoire : Antécédents médicaux, médicaments (y compris les opioïdes, la contraception orale, etc.), suppléments, blessures, hospitalisations, interventions chirurgicales, régime alimentaire, exercice physique, habitudes de sommeil, tabagisme, consommation d'alcool/substances, soutien familial, responsabilités des aidants, environnement de travail/scolaire.
- Déterminants sociaux de la santé: Emploi, garde d'enfants, éducation, nutrition, logement, violence domestique, maltraitance infantile, discrimination, isolement social.
- Traitements antérieurs et réponses : Documenter les traitements antérieurs, leur efficacité et tout effet indésirable.
- Croyances et attentes : Évaluer la compréhension du patient concernant sa maladie, les objectifs du traitement et les résultats attendus.
- Considérations relatives aux drapeaux : Identifier les signes avant-coureurs rouges, oranges et jaunes pouvant indiquer des recommandations potentielles.
Évaluations des résultats : Privilégier les approches qui correspondent aux objectifs spécifiques et au tableau clinique du patient.
- Douleur: Utilisez des échelles de douleur (par exemple, NRS) et des diagrammes.
- Fonction et participation : Évaluer l'impact sur les activités quotidiennes (PSFS, QUI EST-CE ?, NDI).
- Reprise: Usage échelles d'auto-évaluation du rétablissement.
- Qualité de vie : Évaluer à l'aide d'outils tels que SF-12.
- Statut professionnel/scolaire : Surveiller la reprise des activités.
- Qualité du sommeil : Évaluer à l'aide d'outils tels que PSQI.
- Objectifs individuels : Ensemble Objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Pertinent, Opportun).
- Commentaires des patients : Rassembler et intégrer l'expérience et la satisfaction des patients.
4. Signes d'alerte : Diagnostic différentiel nécessitant une consultation médicale
ACTION : Orienter immédiatement vers les services d'urgence :
- Myélopathie cervicale : Troubles de la marche, maladresse manuelle, engourdissement/faiblesse non dermatomale (membres supérieurs/inférieurs), dysfonctionnement intestinal/vésical, hyperréflexie, hypertonie, réflexes pathologiques (par exemple, signe de L'Hermitte positif, signe d'échappement des doigts).
- Méningite : Raideur de la nuque, céphalée intense s'aggravant avec la flexion du cou, fièvre, vomissements, éruption cutanée, altération de l'état mental, léthargie/somnolence, photophobie, posture avec flexion des hanches et des genoux, signes de Brudzinski/Kernig positifs.
- Infection de la colonne vertébrale : Douleurs cervicales progressives (aggravées la nuit), symptômes généraux (par exemple, fièvre/frissons), infection/chirurgie récente, immunosuppression, antécédents de tuberculose, consommation de drogues par voie intraveineuse, mauvaises conditions de vie, sensibilité à la palpation ou au test de percussion.
- Lésion intracrânienne/cérébrale : Céphalée intense et soudaine (en coup de tonnerre) ou céphalée progressive (avec ou sans cervicalgie), étourdissements, troubles visuels, nausées/vomissements, signes neurologiques focaux. Aggravation matinale, avec toux/efforts ou flexion du tronc ; anomalies des nerfs crâniens, déficits moteurs et sensitifs des membres, œdème papillaire, test de Romberg positif (troubles de la coordination et de l’équilibre), signes d’hypertension intracrânienne (par exemple, triade de Cushing : hypertension, bradycardie, respiration irrégulière).
- Dissection de l'artère vertébrale/carotide : Douleurs cervicales intenses, “ pire mal de tête jamais ressenti ”, vision double, difficultés à avaler/parler/marcher, vertiges, engourdissements/déficits sensoriels du visage, chutes brutales, nausées, nystagmus, déficits sensoriels controlatéraux du tronc, signes neurologiques focaux.
- Fracture traumatique de la colonne vertébrale : Douleur localisée intense suite à un traumatisme (par exemple, piéton heurté, collision à grande vitesse, renversement, éjection d'un véhicule à moteur, chute de ≥ 90 cm/5 marches, charge axiale sur la tête), âge ≥ 65 ans, faiblesse/picotements/brûlures des extrémités, incapacité à faire pivoter le cou de 45° à gauche/droite, sensibilité de la colonne cervicale médiane (Règle canadienne sur la colonne cervicale).
ACTION : Consulter un professionnel de la santé approprié :
- Fracture vertébrale non traumatique : Douleur cervicale soudaine et intense, ostéoporose, utilisation de corticostéroïdes, sexe féminin, âge > 60 ans, antécédents de fracture/cancer de la colonne vertébrale, sensibilité localisée au niveau de la vertèbre, incapacité à faire pivoter le cou à 45°, signes neurologiques aux extrémités.
- Tumeur maligne de la colonne vertébrale : Douleur progressive (aggravée la nuit/non soulagée par le repos), antécédents de cancer, symptômes généraux (par exemple, fatigue, perte de poids, sueurs nocturnes), sensibilité localisée, déficits neurologiques.
- Arthrites inflammatoires : Douleurs/raideurs au cou et aux articulations, raideur matinale >1 heure, symptômes systémiques (par exemple, fatigue, perte de poids, fièvre), gonflement/sensibilité/déformation des articulations.
- Spondyloarthropathies (par exemple, spondylarthrite ankylosante) : Douleur/raideur irradiant vers les épaules/le haut du dos, s'améliorant avec l'activité, pouvant inclure une uvéite/un psoriasis.
- Polyarthrite rhumatoïde : Atteinte articulaire symétrique, déformations articulaires.
- Lupus érythémateux disséminé (LES) : Éruption cutanée en forme de papillon, photosensibilité, atteinte d'organes (par exemple, reins ou pleurésie).
5. Signaux d'alerte (drapeaux orange) : Symptômes de troubles psychiatriques nécessitant une orientation vers un spécialiste
Les cliniciens doivent prendre en charge rapidement les symptômes de troubles mentaux potentiels afin de prévenir tout préjudice, grâce à des orientations appropriées et opportunes.
ACTION : Orienter vers des soins immédiats (urgence, professionnel de la santé physique ou mentale) :
- Idées suicidaires : Pensées, projets ou déclarations concernant le suicide ou sentiments de désespoir.
- Symptômes graves et aigus : Détresse psychologique aiguë, telle que psychose, crise de panique sévère.
- Idéation du préjudice : Intention ou projet de s’automutiler, de commettre des actes de violence ou de nuire à autrui.
ACTION : Orienter vers un professionnel de la santé physique ou mentale approprié :
- Symptômes persistants et non urgents : Symptômes affectant le fonctionnement quotidien (par exemple, baisse de moral, anxiété, troubles du sommeil, retrait social, consommation de substances).
ACTION : Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale :
- Triage : Assurer une prise en charge initiale par des professionnels de la santé (médecins/psychiatres).
- Traitement musculo-squelettique (MSK) : Gérer les affections musculo-squelettiques liées ou concomitantes à des troubles psychologiques.
- Outils de dépistageSélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification de la prise en charge sans poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
6. Signaux d'alerte : Facteurs psychosociaux susceptibles de retarder la guérison
Des obstacles non liés à la santé peuvent retarder la guérison ; un dépistage et une intervention précoces peuvent améliorer les résultats.
Facteurs :
- IndividuInquiétude, peur du mouvement, faibles attentes de rétablissement, faible sentiment d'efficacité personnelle, recours aux traitements passifs, évitement de l'activité.
- SocialManque de soutien familial et social, liens sociaux limités.
- Socio-économiqueSituation professionnelle, difficultés financières, litiges/indemnisation.
- Environnemental/culturelInégalités sociales, environnements dangereux/non favorables.
- Événements de la vie: Transitions majeures (par exemple, divorce, perte d'emploi), facteurs de stress chroniques (par exemple, soins aux personnes dépendantes).
- Travail/écoleStress élevé, mauvais équilibre travail-vie personnelle, accommodements limités en cas de blessure ou de maladie.
ACTION: Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale :
- Éducation et bien-être personnel : Fournir des ressources pour (par exemple, la gestion du stress, les stratégies d'adaptation, les activités progressives).
- Surveiller et coordonner : Évaluer régulièrement les difficultés psychosociales ; référer à un professionnel de la santé physique ou mentale si elles persistent.
- Outils de dépistage : Sélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification des interventions (conformément aux recommandations du système d'alerte orange), sans pour autant poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
7. Examen physique
- Observation: Évaluer les anomalies, les asymétries, la posture, l'équilibre, la démarche, les mouvements et les expressions faciales.
- Amplitude du mouvement (ADM) : Évaluer Évaluation de l'amplitude articulaire active, passive et contre-résistance du rachis cervical en flexion, extension, flexion latérale et rotation. Prendre note de toute hypo ou hypermobilité régionale ou segmentaire et de tout mouvement anormal.
- Palpation : Examiner la région cervicale à la recherche de sensibilité, d'enflure, de tension ou de changements de température au niveau des os, des articulations et des tissus mous.
- Examen neurologique :
- Tests de force motrice : Évaluer la présence d'asymétrie ou de faiblesse dans les principaux groupes musculaires :
- C5 : abduction de l'épaule
- C6 : extension du poignet
- C7 : Flexion du poignet et extension des doigts
- C8 : flexion des doigts
- T1 : abduction/adduction des doigts
- Tests sensoriels : Évaluer les déficits sensoriels selon les distributions dermatomales :
- C5 : Bras latéral
- C6 : Face latérale de l'avant-bras, pouce, index
- C7 : Majeur
- C8 : annulaire et auriculaire, face interne de l'avant-bras
- T1 : bras médian
- T2 : Aisselle
- Tests réflexes : Évaluer la présence d'asymétrie, de réflexes diminués ou absents :
- C5 : Biceps
- C6 : Brachioradialis
- C7 : Triceps
- Tests des nerfs crâniens :
- CN I (olfactif): Odorat
- CN II (optique): Acuité visuelle et champs visuels
- CN III, IV, VI (oculomoteur, trochléaire, abducens): Mouvements oculaires, réponse pupillaire
- CN V (trijumeau): Sensibilité faciale, muscles masticateurs
- NC VII (facial): Expressions faciales (sourire, froncement de sourcils), goût (2/3 avant de la langue)
- CN VIII (vestibulocochléaire): Audition et équilibre
- CN IX, X (glossopharyngé, vague): Réflexe nauséeux, élévation du palais, déglutition
- CN XI (accessoire): Haussement des épaules, rotation de la tête
- NC XII (hypoglosse): Mouvements de la langue (déviation)
- Signes du motoneurone supérieur : Rechercher une hypertonie musculaire, une hyperréflexie et des réflexes pathologiques (p. ex., signe de Babinski, clonus). Ces signes peuvent indiquer des troubles du système nerveux central (p. ex. myélopathie, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral).
- Signes du motoneurone inférieur : Évaluer l'atrophie musculaire, les fasciculations, la diminution du tonus musculaire et la perte de fonction symétrique. Ces signes peuvent indiquer des affections neurologiques systémiques (par exemple, radiculopathie, neuropathie périphérique, SLA).
- Tests de force motrice : Évaluer la présence d'asymétrie ou de faiblesse dans les principaux groupes musculaires :
- Tests spéciaux/orthopédiques : Agir conformément aux indications cliniques.
- Diagnostics avancés : La radiographie n'est généralement pas recommandée en l'absence de signes d'alerte ou de facteurs individuels spécifiques (par exemple, contre-indications au traitement).
8. Présentations cliniques des douleurs cervicales
Troubles courants de la douleur au cou (y compris les douleurs cervicales non spécifiques, la cervicalgie mécanique, l'irritation des articulations facettaires, les entorses/contractures cervicales, les troubles associés au coup du lapin (WAD) I-II, l'arthrose, les douleurs myofasciales)
- Comptes pour 90% de cas de douleurs cervicales.
- Douleur entre la ligne nucale et la jonction cervico-thoracique, avec ou sans irradiation vers la tête, les épaules ou les bras.
- Douleur aiguë, sourde, lancinante ou lancinante ; aggravée par le mouvement/la posture ; associée à une raideur/des spasmes musculaires.
- Douleur reproductible par des tests ; aucun déficit neurologique significatif.
Douleurs au cou avec douleur radiculaire/radiculopathie (protrusion/hernie discale, sténose foraminale, WAD III)
Tests positifs (par exemple, test de Spurling, distraction cervicale, signe de Bakody/abduction de l'épaule, manœuvre de Valsalva, tests de tension des membres supérieurs) ; déficits sensoriels, faiblesse musculaire, réflexes altérés.
Moins fréquente que la douleur cervicale sans radiculopathie ; la hernie discale est plus fréquente chez les jeunes adultes ; la sténose foraminale est plus fréquente chez les personnes âgées.
La douleur irradie le long du bras selon un trajet dermatomal, pouvant atteindre la main.
Douleur aiguë et brûlante, accompagnée possible d'engourdissements, de picotements ou de faiblesse dans le membre touché ; les symptômes peuvent s'aggraver lors de mouvements comme pencher la tête vers l'avant, soulever des objets, tousser ou éternuer.
9. Considérations relatives au traitement des douleurs cervicales
Applicable aux troubles courants de la douleur cervicale, à la douleur cervicale avec douleur radiculaire/radiculopathie due à une pathologie discale et au WAD III.
Approche du traitement
Les traitements décrits dans cette section correspondent aux domaines de soins essentiels systématiquement identifiés dans les recommandations de pratique clinique de haute qualité et les pratiques cliniques établies. Il s'agit notamment d'interventions dont l'efficacité a été démontrée pour améliorer des critères d'évaluation importants pour le patient, tels que la douleur, la fonction et la qualité de vie. Les plans de prise en charge doivent être adaptés aux besoins, aux objectifs et aux préférences de chaque patient, en tenant compte du tableau clinique, de la réponse aux soins et des facteurs contextuels.
Tous les domaines ne doivent pas nécessairement figurer dans chaque plan de soins ni à chaque étape du rétablissement. Les cliniciens doivent faire preuve de discernement professionnel pour sélectionner les éléments les plus pertinents en fonction du contexte clinique.
Ce guide n'est pas exhaustif et ne répertorie pas toutes les interventions possibles. Il est conseillé aux lecteurs de consulter les recommandations spécifiques à chaque cas pour connaître les protocoles de traitement, la posologie et les considérations propres à leur pathologie.
Bien que d'autres interventions puissent être utilisées, comme les modalités physiques passives, leur efficacité clinique demeure incertaine ou limitée, et leur utilisation systématique n'est donc pas recommandée. Le cas échéant, ces thérapies doivent compléter les soins de base fondés sur des données probantes et ne pas constituer un traitement unique.
- Éducation et autogestion (Blanpied et al., 2017 ; Côté et al., 2016 ; Bussières et al., 2016). Ces interventions ciblent les facteurs pronostiques modifiables du rétablissement [voir section 10].
- Éducation et réconfortIl est important de souligner le caractère souvent résolutif spontanément des douleurs cervicales. Il convient d'utiliser des renseignements personnalisés et fondés sur des données probantes, présentés sous différents formats (écrit, numérique, visuel), afin de responsabiliser les patients. Bien que les données soient limitées, aucune méthode pédagogique ne semble supérieure à une autre pour améliorer l'état de santé des patients, un renforcement régulier des connaissances favorise la compréhension et l'adhésion.
- Soins autoadministrés : Encouragez l'exercice physique régulier, une alimentation saine, une bonne hygiène de sommeil, la gestion du stress, le maintien d'un poids santé et l'abstinence de tabac et de substances psychoactives. Utilisez des objectifs SMART et un plan d'action bref pour un engagement durable.
- Activités quotidiennesEncouragez la mobilité et la participation aux activités quotidiennes ; déconseillez le repos prolongé, l’immobilisation ou le port d’une minerve. Le maintien d’une activité normale réduit le temps de récupération et prévient l’invalidité.
- Engagement social et professionnelEncouragez la participation en utilisant des stratégies de rythme et des aménagements du lieu de travail pour favoriser l'interaction sociale et la productivité.
- Thérapie par l'exercice (Blanpied et al., 2017; Côté et al., 2016; Bussières et al., 2016)
- Élaborer des programmes personnalisés pour améliorer la force, la mobilité et la capacité aérobie.
- L'exercice physique réduit la douleur, améliore la qualité de vie et les capacités fonctionnelles. Il n’existe pas de type d’exercice supérieur à un autre ; le choix doit se faire en fonction des préférences et des besoins du patient.
- Surveillez les réactions psychologiques à l'exercice physique ; consultez un professionnel de la santé (médecin ou psychiatre) en cas de signes de détresse ou d'aversion.
- thérapie manuelle (Blanpied et al., 2017 ; Bussières et al., 2016)
- Inclus manipulation vertébrale/mobilisation, techniques des tissus mous et massage.
- La thérapie manuelle devrait être intégrée à un plan de soins plus global afin d'améliorer la douleur et la fonction.
- Soutien psychosocial et psychologique (Blanpied et al., 2017 ; Côté et al., 2016 ; Shearer et al., 2021)
- Lever les obstaclesDépister les facteurs psychosociaux (p. ex., comportements d’évitement par la peur, faibles attentes de rétablissement, anxiété) à l’aide d’outils (p. ex., FABQ, PHQ-9, GAD-7). La prise en compte de ces facteurs favorise l'engagement et le rétablissement. Proposer, dans le cadre des soins, des explications et des stratégies pour soutenir le rétablissement (p. ex., gestion du stress, renforcement de l’autonomie, engagement social et professionnel, pleine conscience, méditation, techniques de relaxation) [voir sections 5 et 6].
- Ressources et instructionsProposez des ressources (outils en ligne, documents écrits, programmes de pleine conscience, etc.). Orientez-les vers des praticiens de thérapies corps-esprit (yoga, méditation, tai-chi, etc.) pour un soutien supplémentaire lorsque les soins classiques s'avèrent insuffisants.
- Orientation médicale/psychiatrique: Orienter vers un spécialiste en cas de symptômes psychologiques persistants ou graves ayant un impact sur le rétablissement [voir sections 5 et 6].
- Médicament (Blanpied et al., 2017 ; Bussières et al., 2016)
- L’utilisation à court terme de médicaments (par exemple, des analgésiques, des AINS) peut être envisagée pour soulager la douleur, en consultation avec un professionnel de la santé.
- L'utilisation prolongée d'opioïdes ou de relaxants musculaires devrait être évitée en raison des risques de dépendance et d'effets secondaires.
- Soins multimodaux (Blanpied et al., 2017; Côté et al., 2016; Bussières et al., 2016)
- Intégrer des interventions physiques, psychologiques et sociales adaptées aux besoins individuels, notamment en cas de douleurs cervicales persistantes, afin de soutenir la fonction, le travail et l'engagement communautaire grâce à des soins principalement non pharmacologiques.
10. Facteurs de risque et de pronostic des douleurs cervicales
Facteurs de risque communs (Kazeminasab et al., 2022) :
- IndividuSexe féminin, âge avancé, antécédents de douleurs cervicales, mauvaise santé générale (par exemple, tabagisme, maladie chronique, troubles du sommeil, fatigue fréquente).
- Physique: Troubles moteurs répétitifs, postures statiques prolongées (par exemple, position assise, utilisation d'ordinateurs ou d'appareils mobiles), positions cervicales inconfortables, mauvaise ergonomie, port de charges lourdes, exposition aux vibrations, inactivité physique.
- PsychologiqueStress, anxiété, dépression et comportements d'évitement par la peur.
- Professionnel: Mauvaises postures cervicales liées au travail, stress professionnel élevé, manque de soutien au travail, tâches répétitives, utilisation prolongée d'écrans/appareils.
- Mode de vieObésité, sédentarité, mauvaise posture et tabagisme.
Pronostic (Shearer et al., 2021 ; Kazeminasab et al., 2022) :
- La plupart des personnes souffrant de douleurs cervicales guérissent en quelques semaines ou quelques mois, bien que certaines présentent des symptômes chroniques ou récurrents.
- Indicateurs pronostiques négatifs:
- Intensité initiale de la douleur et niveaux d'incapacité élevés.
- Facteurs psychologiques : anxiété, dépression, catastrophisme excessif face à la douleur, stratégies d’adaptation inefficaces, faibles attentes de rétablissement.
- Facteurs sociaux et professionnels : insatisfaction au travail, faible soutien social, exigences physiques élevées du travail, postures cervicales répétitives ou prolongées.
- Mauvaise santé générale : tabagisme, obésité, troubles du sommeil, douleurs chroniques, mauvaise perception de sa propre santé.
- Antécédents de douleurs cervicales ou de blessures antérieures, comme un coup du lapin.
11. Suivi continu
- Suivre les progrès : Réévaluer les symptômes, l'état fonctionnel et les résultats rapportés par le patient à intervalles appropriés. S'assurer que les soins demeurent conformes aux objectifs, aux valeurs et aux attentes du patient.
- Adapter le plan de traitement : Réajuster constamment le plan de prise en charge en fonction de l'évolution des objectifs, de la réponse au traitement, des observations cliniques et du jugement professionnel. Modifier les interventions, la posologie, la fréquence ou l'orientation au besoin pour favoriser une amélioration significative.
- Soutenir l'autogestion : Consolidez la compréhension du patient concernant les stratégies à domicile, les recommandations d'activités et les approches comportementales. Encouragez l'observance du traitement et identifiez les obstacles qui pourraient entraver les progrès.
- Identifier les plateaux ou les changements de statut : Identifier les phases d'amélioration, de stabilisation ou d'aggravation de l'état du patient. Réévaluer les facteurs contributifs tels que les comorbidités, les influences psychosociales ou l'apparition de nouvelles limitations fonctionnelles.
- Orientation et cogestion : Envisagez une orientation ou une prise en charge conjointe avec un professionnel de la santé approprié en cas d'amélioration limitée ou inexistante dans un délai prévu (par exemple, de 6 à 8 semaines), lorsque des résultats nouveaux ou préoccupants apparaissent, ou lorsqu'une expertise supplémentaire est nécessaire pour assurer des soins optimaux.
- Documentation : Enregistrez les évaluations de suivi, les modifications apportées au plan, les commentaires des patients, la réévaluation des objectifs et toute décision de référence ou de cogestion.
12. Critères de sortie
- Critères de sortie : Établissez des critères clairs pour la fin des soins actifs. Il peut s'agir de l'atteinte des objectifs initiaux du patient, d'une amélioration significative des symptômes ou des capacités fonctionnelles, d'une stabilisation des progrès ou du passage à l'autogestion comme approche principale. Tenez compte des préférences du patient, de ses besoins fonctionnels et de votre jugement clinique pour déterminer son aptitude à quitter l'établissement.
- Réévaluation clinique : Avant le congé, effectuez une réévaluation ciblée afin de confirmer la stabilité des symptômes, l'état fonctionnel et la confiance du patient dans la gestion de sa maladie. Répondez à toutes les préoccupations restantes et assurez-vous qu'aucun nouveau problème ne nécessite une évaluation supplémentaire.
- Planification post-hospitalisation : Discutez des stratégies d'autogestion en cours, notamment des recommandations d'activités, des exercices à la maison, des changements comportementaux ou du mode de vie et du suivi des symptômes. Indiquez quand revenir pour un suivi, quand consulter un médecin et quels indicateurs devraient inciter à une évaluation médicale.
- Besoins futurs en matière de soins : Précisez les options de soins ponctuels, de consultations préventives ou de reprise de contact avec le professionnel de la santé en cas de réapparition des symptômes ou d'évolution des besoins fonctionnels. Encouragez une communication continue si de nouvelles préoccupations surviennent.
- Documentation : Enregistrez le motif du congé, l'état du patient au moment de sa sortie, les recommandations d'autogestion fournies et le plan de suivi convenu.
Vidéos d'exercices
Les vidéos sur les douleurs cervicales sont basées sur les recommandations du Guide de pratique clinique pour le traitement des douleurs cervicales associées au coup du lapin et aux troubles associés (2016). Cliquez sur un lien ci-dessous pour visionner les vidéos d'exercices destinés aux patients souffrant de douleurs cervicales.

Mobilité du cou
Posture, étirements du cou et des épaules
Contrôle et renforcement des muscles du cou
Pour les douleurs cervicales d'apparition récente, nous suggérons des exercices progressifs supervisés.
- Le renforcement isométrique en extension avec un élastique n'est PAS recommandé pour les douleurs cervicales d'apparition récente..
- Le renforcement isométrique en flexion avec un élastique n'est PAS recommandé en cas de douleurs cervicales d'apparition récente.

Contrôle des moteurs du cou

Renforcement de la rétraction du cou (en position assise)

Renforcement de la rétraction du cou (en décubitus dorsal)

Renforcement isométrique en flexion (debout)

Renforcement isométrique en extension (debout)

Rétraction par flexion en décubitus dorsal

Extension du cou en décubitus dorsal

Rétraction rotation en décubitus dorsal

Renforcement isométrique en extension avec élastique (position assise)

Renforcement isométrique de la flexion avec élastique (position assise)

Renforcement des extenseurs du cou

Exercices supplémentaires de renforcement du cou
Contrôle moteur des omoplates, renforcement et renforcement des épaules

Exercices multiples de contrôle moteur scapulaire

Rétraction de l'omoplate (assise)

Rétraction scapulaire avec poids (position inclinée)
Exercices de renforcement des épaules*
L'avis du clinicien et de l'utilisateur est recommandé. Ces exercices sont recommandés dans le cadre de la prise en charge globale du patient. Les patients devraient consulter leur clinicien en cas d'aggravation des symptômes.
Références
- Blanpied PR, et al. Douleur cervicale : révision 2017. Lignes directrices de pratique clinique liées à la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé de la section orthopédique de l'American Physical Therapy Association. 2017.
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