Prévention des chutes et amélioration de la mobilité chez les aînés

À propos de la prévention des chutes et de l'amélioration de la mobilité chez les aînés

Les chutes sont une cause majeure et évitable de blessures, d'invalidité, de perte d'autonomie et de mortalité chez les personnes âgées. Environ une personne sur trois âgée de 65 ans et plus subit au moins une chute par année, le risque augmentant considérablement avec l'âge, la multimorbidité, la fragilité et le déclin fonctionnel. Les chutes résultent souvent de l'interaction de plusieurs facteurs modifiables, plutôt que d'une cause unique.

Ce parcours de soins est axé sur l'identification des risques de chute, la préservation de la mobilité et le maintien des capacités fonctionnelles, en privilégiant le dépistage précoce, une prise en charge conservatrice et une approche interdisciplinaire. Il s'adresse aux personnes âgées vivant à domicile ou en établissement et est pertinent tout au long du continuum, de la prévention primaire (prévention d'une première chute) à la prévention secondaire (réduction des récidives et des dommages liés aux chutes).

La prévention des chutes ne se limite pas à prévenir les blessures ; elle est essentielle pour :

  • maintenir la mobilité, l'équilibre et la confiance
  • soutenir l'autonomie et la participation
  • réduire le recours aux soins de santé et le placement en soins de longue durée
  • atténuer la peur de tomber et la restriction d'activité

Ce parcours favorise :

  • évaluation complète des facteurs de risque intrinsèques et extrinsèques
  • examen physique axé sur la fonction
  • interventions conservatrices fondées sur des données probantes (exercice, éducation, modification de l'environnement)
  • identification des personnes nécessitant une orientation médicale ou une intervention multidisciplinaire

Ce protocole ne remplace pas la prise en charge spécifique de chaque maladie (par exemple, la maladie de Parkinson, un accident vasculaire cérébral, une démence avancée), mais il soutient la stratification des risques, l'orientation et la cogestion lorsque de telles affections contribuent au risque de chute.

À propos des parcours de soins du CCG

Objectif

Les parcours de soins des CCG (Clinical Commissioning Groups) offrent des recommandations structurées et fondées sur des données probantes aux cliniciens offrant des soins conservateurs et non chirurgicaux pour les affections musculo-squelettiques courantes. Ils décrivent les étapes clés de la consultation, favorisent une prise de décision sûre et appropriée et facilitent l'orientation vers un spécialiste ou une prise en charge conjointe lorsque cela est indiqué. Ces parcours sont conçus comme des outils pratiques et conviviaux qui complètent, et non remplacent, le jugement clinique.

Développement

Les parcours de soins sont élaborés à partir des meilleures données probantes disponibles, issues de recommandations de pratique clinique de haute qualité lorsqu'elles existent, et d'analyses systématiques et de consensus d'experts lorsque les données probantes issues de recommandations sont limitées ou en constante évolution. Le contenu est régulièrement mis à jour afin d'intégrer les nouvelles recherches et les meilleures pratiques actuelles. La contribution des cliniciens, des formateurs et des chercheurs permet d'assurer la pertinence des parcours, leur adéquation à la pratique clinique et leur capacité à répondre aux besoins des utilisateurs.

Principes des soins conservateurs

Les affections musculo-squelettiques sont multifactorielles et souvent influencées par des facteurs physiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Par conséquent, il n’existe pas de solution unique pour tous les patients. Une prise en charge efficace doit être éthique, fondée sur des données probantes, transparente, flexible et adaptée aux besoins individuels. La décision partagée garantit que les soins correspondent aux objectifs et aux valeurs du patient. Un suivi continu et une évaluation des résultats soutiennent une approche centrée sur la personne et permettent d'ajuster les plans de soins en temps opportun. Les soins peuvent être dispensés en personne, en téléconsultation ou selon des modèles hybrides, selon les préférences du patient, l'accès aux soins et le jugement clinique.

Avis de non-responsabilité

Les parcours de soins des CCG visent à appuyer, et non à remplacer, la prise de décision clinique professionnelle ou l'avis d'un professionnel de la santé qualifié. Les recommandations sont fondées sur des données probantes et présentées dans un langage simplifié et accessible afin de faciliter leur compréhension et leur application cliniques. Les termes employés ne constituent pas une terminologie diagnostique ou de facturation officielle, et ces parcours n'ont aucun caractère prescriptif, officiel ou réglementaire.

Les professionnels de la santé sont tenus de mettre en œuvre leur expertise clinique et de consulter des sources faisant autorité, telles que les normes et politiques réglementaires, les systèmes de classification diagnostique (par exemple, la CIM-10-CA), les documents relatifs au champ d'exercice, les ressources de formation continue et la littérature scientifique évaluée par les pairs. Les protocoles proposés peuvent ne pas s'appliquer à toutes les situations cliniques et doivent toujours être interprétés en fonction des besoins individuels du patient.

Parcours de soins pour la prévention des chutes et l'amélioration de la mobilité chez les aînés

1. Tenue des registres

Une documentation précise, opportune et exhaustive est essentielle à la qualité des soins fondés sur des données probantes. Les dossiers cliniques doivent refléter clairement les interactions avec le patient, le raisonnement clinique et son évolution au fil du temps, et doivent respecter toutes les normes réglementaires en vigueur.

Les fournisseurs sont encouragés à utiliser un format de note structuré, tel que le cadre SOAP, afin de favoriser la cohérence, la clarté et la continuité des soins.

Subjectif : Enregistrez les symptômes rapportés par le patient, ses préoccupations, les changements fonctionnels, les facteurs contextuels (par exemple, les influences psychosociales ou environnementales) et ses réponses aux soins antérieurs.

Objectif: Enregistrez les résultats mesurables ou observables, y compris les résultats de l'examen physique, les tests diagnostiques pertinents, les évaluations fonctionnelles et tout changement cliniquement significatif.

Évaluation: Fournir l'interprétation clinique des résultats, y compris les impressions diagnostiques ou les mises à jour, l'identification des principaux facteurs de risque ou modificateurs, et l'évaluation de l'état ou de l'évolution du patient.

Planifier: Décrire la stratégie de prise en charge, y compris les traitements administrés, les modifications apportées, l'éducation du patient et les recommandations d'autogestion, les orientations, les décisions de cogestion et le suivi prévu.

La documentation doit être complétée en temps réel et conservée conformément aux exigences réglementaires en matière de confidentialité, de sécurité et de conservation des dossiers. Des dossiers de qualité contribuent à la sécurité des patients, facilitent la communication interprofessionnelle, permettent une prise de décision partagée et favorisent la continuité et la responsabilisation des soins.

2. Consentement éclairé
  • Définition: Un processus par lequel le patient consent volontairement aux interventions de soins de santé proposées après avoir reçu des renseignements adéquats sur leur nature, leurs avantages, leurs risques et les alternatives possibles.
  • Aspects clés :
    • Avant l'interaction : Obtenez le consentement du patient avant tout examen diagnostique ou traitement. Assurez-vous qu'il comprenne les examens et les traitements prévus, les résultats attendus et qu'il ait la possibilité de poser des questions.
    • Volontairement et spécifiquement : Le consentement doit être donné librement, sans contrainte, et concerner précisément l'affection et le traitement proposé. Le patient doit aussi comprendre qu'il peut retirer son consentement à tout moment. 
    • Processus transparent : Le consentement doit être obtenu de bonne foi, avec une explication claire de l'affection et des interventions proposées. Il ne s'agit pas d'un acte ponctuel, mais d'un dialogue continu avec le patient.
    • Compréhension et entente du patient :
      • Diagnostic/pronostic : Expliquez clairement les résultats, en utilisant un langage compréhensible et des éléments visuels si nécessaire.
      • Plan de traitement : Présentez les traitements recommandés et expliquez comment ils correspondent aux objectifs du patient. Discutez des avantages, des risques et des alternatives.
      • Questions : Encouragez les questions et vérifiez la compréhension (par exemple, en procédant à une “ reformulation ”).
    • Documentation : Enregistrez le processus de consentement, y compris les renseignements fournis, les questions du patient et le consentement explicite donné.
3. Historique médical
  • Faire preuve de sensibilité culturelle et principes de soins tenant compte des traumatismes. Reconnaître les chutes antérieures, les blessures, les expériences en matière de soins de santé, la peur de tomber et l'impact potentiel de l'âgisme ou de la stigmatisation sur la recherche de soins et la participation.
  • Informations sociodémographiques : Âge, sexe, genre, race/origine ethnique, situation de vie (seul, en famille, en collectivité, en établissement de soins de longue durée), besoins linguistiques, accès aux transports et aux services de soutien aux aidants.
  • Histoire des chutes (questions à poser) :
    • Avez-vous fait une chute au cours des 12 derniers mois ? Si oui, combien de fois ?
    • Quand et où la ou les chutes ont-elles eu lieu ?
    • Y a-t-il eu des blessures, des consultations médicales ou des hospitalisations ?
    • Que faisiez-vous au moment de la chute ?
    • Y avait-il des symptômes précurseurs (vertiges, étourdissements, faiblesse, trébuchements) ?
    • Avez-vous peur de tomber ou limitez-vous vos activités par crainte de tomber ?
  • Mobilité et fonction :
    Capacité de marche actuelle (distance, vitesse, besoin d'aides), difficultés avec les escaliers, les transferts ou les surfaces inégales, changements récents de mobilité ou d'endurance.
  • Revue des systèmes corporels : Neurologique (équilibre, sensation, force, cognition), cardiovasculaire (syncope, symptômes orthostatiques), musculosquelettique (douleur, raideur, instabilité articulaire), vision et audition, symptômes vestibulaires, génito-urinaire (urgence, nycturie), santé mentale.
  • Santé, mode de vie et histoire : 
  • Affections chroniques (par exemple, ostéoporose, arthrite, diabète, maladies cardiovasculaires, troubles neurologiques).
  • Examen des médicaments, en portant une attention particulière à la polymédication et aux médicaments augmentant le risque de chute (par exemple, les sédatifs, les antihypertenseurs).
  • Niveau d'activité physique, temps passé assis, qualité du sommeil, nutrition, hydratation, consommation d'alcool ou de substances.Facteurs environnementaux et contextuels :
  • Aménagement intérieur, éclairage
  • Déterminants sociaux de la santéSécurité des revenus, sécurité du logement, accès aux soins, disponibilité des soignants, isolement social, capacité d'obtenir ou d'utiliser des aides à la mobilité.
  • Interventions et réponses antérieures : Programmes antérieurs de prévention des chutes, thérapie par l'exercice, aides techniques, aménagements du domicile, efficacité et observance….
  • Croyances et attentes : Perceptions du vieillissement et des chutes, confiance en sa mobilité, objectifs liés à l'autonomie et à la participation.
  • Considérations relatives aux drapeaux : Identifier Les drapeaux rouges, oranges et jaunes signalent les recommandations potentielles.

​​Évaluations des résultats :  Sélectionner les outils en fonction de leur faisabilité, de leur sécurité et de leur pertinence par rapport aux objectifs de la personne.

  • Risque de chute : Histoire des chutes ; par exemple, échelle d'efficacité en matière de chutes (FES-I).
  • Mobilité et équilibre : Test Timed Up and Go (TUG), vitesse de marche, cinq fois assis-debout (5xSTS)
  • Fonction et participation : Évaluer l'impact sur les activités quotidiennes (PSFS, QUI EST-CE ?).
  • Qualité de vie : Évaluer à l'aide d'outils tels que SF-12.
  • État de l'activité : Surveiller la reprise des activités et la participation.
  • Qualité du sommeil : Évaluer à l'aide d'outils tels que PSQI.
  • Objectifs individuels : Ensemble définition d'objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Pertinent, Opportun).
  • Commentaires des patients : Recueillir et intégrer l'expérience et la satisfaction des patients.
4. Signes d'alerte : Diagnostic différentiel nécessitant une attention médicale

ACTION : Orienter immédiatement vers les services d'urgence :

  • Traumatisme crânien ou suspicion de lésion intracrânienne :
    Chute avec choc à la tête, perte de conscience, confusion, nouveaux maux de tête, vomissements ou utilisation d'anticoagulants.
  • Fracture suspectée ou blessure grave :
    Incapacité de supporter le poids du corps, douleur localisée intense, déformation ou perte soudaine de fonction à la suite d'une chute.
  • Syncope ou suspicion de cause cardiaque des chutes :
    Chutes associées à une perte de conscience, des douleurs thoraciques, des palpitations, un essoufflement inexpliqué ou une arythmie connue.
  • Signes neurologiques aigus :
    Apparition ou aggravation d'une faiblesse unilatérale, d'un affaissement du visage, de troubles de la parole, de changements visuels aigus ou d'une incapacité soudaine à marcher.
  • Infection aiguë ou maladie systémique :
    Fièvre, délire, déclin fonctionnel rapide ou chutes associées à une détérioration médicale aiguë.

ACTION : Consulter un professionnel de la santé approprié :

  • Chutes récurrentes inexpliquées sans cause mécanique claire
  • Symptômes orthostatiques (vertiges, étourdissements) évocateurs d'un dérèglement de la pression artérielle
  • Déclin marqué ou progressif de la mobilité sur des semaines à des mois
  • Troubles cognitifs nouveaux ou aggravés affectant la sécurité
  • Douleurs intenses ou symptômes neurologiques contribuant à l'instabilité
  • Ostéoporose présumée avec des douleurs liées à la chute ou une perte de taille

ACTION : Envisager une orientation ou une prise en charge conjointe lorsque l’un des éléments suivants est présent.

  • Risque élevé de chutes en cas de multimorbidité, de fragilité ou de polymédication
  • La peur de tomber entraîne une restriction d'activité et un déconditionnement physique.
  • Déficits visuels ou vestibulaires contribuant aux troubles de l'équilibre
  • Risques environnementaux nécessitant une ergothérapie ou une évaluation de la sécurité à domicile
  • Nécessité d'une réévaluation des médicaments pour identifier ceux qui augmentent le risque de chute.
  • La vulnérabilité sociale, notamment l'isolement, le logement insalubre ou le manque de soutien aux aidants naturels,

Remarques :

  • Les chutes sont souvent multifactorielles ; l'absence d'un seul signe d'alerte n'implique pas un faible risque.
  • Une chute peut être le premier signe d'une maladie aiguë ou d'une affection neurologique chez une personne âgée.
  • Le dépistage et l'orientation précoces peuvent prévenir les chutes récurrentes, les blessures et la perte d'autonomie.
5. Signaux d'alerte (drapeaux orange) : Symptômes de troubles psychiatriques nécessitant une orientation vers un spécialiste

Les cliniciens doivent prendre en charge rapidement les symptômes de troubles mentaux potentiels afin de prévenir tout préjudice, grâce à des orientations appropriées et opportunes.

ACTION : Orienter vers des soins immédiats (urgence, professionnel de la santé physique ou mentale) :

  • Idées suicidaires : Pensées, projets ou déclarations concernant le suicide ou sentiments de désespoir.   
  • Symptômes graves et aigus : Détresse psychologique aiguë, telle que psychose, crise de panique sévère.
  • Idéation du préjudice : Intention ou projet de s’automutiler, de commettre des actes de violence ou de nuire à autrui.

ACTION : Orienter vers un professionnel de la santé physique ou mentale approprié :

  • Symptômes persistants et non urgents : Symptômes affectant le fonctionnement quotidien (par exemple, baisse de moral, anxiété, troubles du sommeil, retrait social, consommation de substances).

ACTION : Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale :

  • Triage : Assurer une prise en charge initiale par des professionnels de la santé (médecins/psychiatres).
  • Traitement musculo-squelettique (MSK) : Gérer les affections musculo-squelettiques liées ou concomitantes à des troubles psychologiques.
  • Outils de dépistageSélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification de la prise en charge sans poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
    • PHQ-9 (symptômes dépressifs)
    • GAD-7 (symptômes d'anxiété)
    • FABQ (peur liée à l'activité physique/au travail) 
    • PCS (pensées catastrophiques) 
    • ORT (risque lié aux opioïdes)
6. Signaux d'alerte : Facteurs psychosociaux susceptibles de retarder la guérison

Des obstacles non liés à la santé peuvent retarder la guérison ; un dépistage et une intervention précoces peuvent améliorer les résultats.

Facteurs :

  • IndividuInquiétude, peur du mouvement, faibles attentes de rétablissement, faible sentiment d'efficacité personnelle, recours aux traitements passifs, évitement de l'activité.
  • SocialManque de soutien familial et social, liens sociaux limités.
  • Socio-économiqueSituation professionnelle, difficultés financières, litiges/indemnisation.
  • Environnemental/culturelInégalités sociales, environnements dangereux/non favorables.
  • Événements de la vie: Transitions majeures (par exemple, divorce, perte d'emploi), facteurs de stress chroniques (par exemple, soins aux personnes dépendantes).
  • Travail/écoleStress élevé, mauvais équilibre travail-vie personnelle, accommodements limités en cas de blessure ou de maladie.

ACTION: Cogestion par des fournisseurs non médicaux/de santé mentale : 

  • Éducation et bien-être personnel : Fournir des ressources pour (par exemple, la gestion du stress, les stratégies d'adaptation, les activités progressives).  
  • Surveiller et coordonner : Évaluer régulièrement les difficultés psychosociales ; référer à un professionnel de la santé physique ou mentale si elles persistent.
  • Outils de dépistage : Sélectivement Utiliser des outils pour surveiller les symptômes et leur gravité, orienter les soins et faciliter l'intensification des interventions (conformément aux recommandations du système d'alerte orange), sans pour autant poser de diagnostic. Ces outils comprennent :
    • PHQ-9 (symptômes dépressifs)
    • GAD-7 (symptômes d'anxiété)
    • FABQ (peur liée à l'activité physique/au travail) 
    • PCS (pensées catastrophiques) 
    • ORT (risque lié aux opioïdes)

7. Examen physique

L'examen physique doit porter sur l'équilibre, la force, la démarche, la sensibilité et les capacités fonctionnelles, en veillant à la sécurité, à la fatigue et à la tolérance cardiovasculaire. Les résultats devraient orienter la stratification des risques, le choix du traitement et l'orientation vers un spécialiste, et non constituer des tests diagnostiques isolés.

  • Observation générale :
    Position, alignement, utilisation d'aides techniques, chaussures, confiance en ses mouvements et besoin de soutien des membres supérieurs en position debout ou en marchant.
  • Signes vitaux et réponse physiologique (le cas échéant) :
    Fréquence cardiaque et pression artérielle au repos ; envisager des mesures orthostatiques en cas de vertiges ou de chutes inexpliquées. Surveiller la tolérance à l'effort durant le test.
  • Évaluation de la démarche :
    • Observez la vitesse de marche, la longueur du pas, la cadence, la symétrie, le dégagement du pied et les virages.
    • Prendre note de l’utilisation et de la pertinence des aides à la mobilité
    • Évaluer la capacité d'effectuer deux tâches simultanément si cela ne présente aucun danger (par exemple, marcher en parlant).
  • Évaluation de l'équilibre :
    • Équilibre statique : pieds joints, semi-tandem, position tandem
    • Équilibre dynamique : réactions de rotation, d'extension et de déplacement
    • Observez les oscillations posturales, les stratégies de déplacement et le besoin de soutien.
  • Force et puissance :
    • Force des membres inférieurs, en particulier des extenseurs/abducteurs de la hanche, des extenseurs du genou et des fléchisseurs plantaires de la cheville
    • Des tests de force fonctionnelle, tels que des exercices répétés de passage de la position assise à la position debout, peuvent être réalisés. Ces tests comprennent notamment le test du passage répété de la position assise à la position debout.
  • Amplitude des mouvements et intégrité articulaire :
    Évaluer la mobilité des membres inférieurs et de la colonne vertébrale en lien avec la marche et les transferts ; identifier la douleur, la raideur ou l’instabilité affectant le mouvement.
  • Dépistage sensoriel et neurologique :
    • Sensibilité (surtout des pieds), proprioception et réflexes, comme indiqué
    • Dépistage rapide des déficits de coordination ou des déficits neurologiques focaux
  • Dépistage visuel et vestibulaire (selon les indications) :
    Acuité visuelle globale, sensibilité au contraste (selon l'anamnèse), tolérance aux mouvements de la tête, étourdissements lors des changements de position.
  • Tâches de mobilité fonctionnelle :
    Évaluer le rendement et la sécurité pendant :
    • Passage de la position assise à la position debout et de la position debout à la position assise
    • Transferts (lit, chaise)
    • Négociation des escaliers (le cas échéant)
    • Tâches impliquant d'atteindre, de se pencher et de se retournerPeur de tomber et comportements liés au mouvement :
      Observez toute hésitation, attitude de défense ou dépendance excessive à l'égard de soutiens pouvant contribuer au déconditionnement.

L’examen doit être graduel et reproductible, permettant une réévaluation au fil du temps afin de surveiller la réponse à l’intervention et l’évolution du risque.

8. Présentation clinique

Les manifestations cliniques liées au risque de chute et à la perte de mobilité chez les personnes âgées sont hétérogènes et souvent multifactorielles, reflétant les interactions entre les capacités physiques, l'état de santé, les médicaments, l'environnement et les facteurs psychosociaux. Ces manifestations peuvent aller d'une légère diminution de la mobilité à des chutes répétées et traumatiques.

Présentations courantes

  • Chutes récurrentes ou quasi-chutes :
    Chutes multiples ou pertes d'équilibre fréquentes au cours des 6 à 12 derniers mois, souvent sans cause identifiable.
  • Troubles de la marche et de l'équilibre :
    Ralentissement de la vitesse de marche, réduction de la longueur des pas, élargissement de la base de soutien, difficulté à tourner ou instabilité sur les surfaces irrégulières.
  • Faiblesse et déconditionnement des membres inférieurs :
    Difficulté à se lever d'une chaise, à monter les escaliers ou à maintenir une marche soutenue ; fatigue après un effort minimal.
  • Peur de tomber et restriction d'activité :
    La peur entraîne une diminution de la participation aux activités physiques et sociales, ce qui aggrave le déconditionnement physique et augmente les risques.
  • Contributeurs sensoriels ou perceptifs :
    Troubles de l'équilibre liés à une déficience visuelle, une neuropathie périphérique ou des symptômes vestibulaires.
  • Instabilité liée aux médicaments :
    Étourdissements, sédation ou hypotension orthostatique associés à la polymédication ou à des changements récents de traitement médicamenteux.

Comportement symptomatique typique

  • Les symptômes s'aggravent souvent avec la fatigue, la dispersion de l'attention, la faible luminosité ou les environnements inconnus.
  • La confiance en sa mobilité peut fluctuer d'un jour à l'autre, surtout chez les personnes atteintes de maladies chroniques ou de troubles cognitifs.
  • Le risque de chute peut augmenter après une maladie aiguë, une hospitalisation ou des périodes d'inactivité.

Présentations atypiques ou inquiétantes

  • Apparition soudaine de chutes fréquentes ou déclin rapide de la mobilité
  • Chutes associées à une perte de conscience ou à des symptômes neurologiques
  • Asymétrie marquée, faiblesse focale ou nouveaux changements dans la démarche
  • Chutes survenant principalement la nuit ou associées à de la confusion ou du délire

Ces symptômes justifient une réévaluation rapide et une éventuelle consultation médicale (voir Signes d’alerte).

Interprétation clinique

  • Une réévaluation continue est essentielle, car le risque de chute peut évoluer rapidement en fonction de l'état de santé, de la prise de médicaments ou du contexte environnemental.
  • Les chutes sont rarement dues à un seul déficit ; la plupart des cas impliquent des déficiences combinées au niveau de la force, de l'équilibre, des entrées sensorielles, de la cognition ou de la sécurité environnementale.
  • L'absence d'une chute récente n'implique pas un faible risque ; la peur de tomber, les quasi-chutes et le déclin de la mobilité sont des indicateurs cliniquement significatifs.
9. Considérations relatives à la gestion conservatrice pour la prévention des chutes et l'amélioration de la mobilité chez les personnes âgées

La gestion prudente est essentielle à la prévention des chutes et au maintien de la mobilité chez les personnes âgées. Des données probantes de haute qualité appuient systématiquement les interventions multifactorielles axées sur l'exercice, adaptées au profil de risque, aux capacités fonctionnelles et au contexte de vie de chaque individu. Les recommandations ci-dessous reflètent les normes de soins établies issues des guides de pratique clinique internationaux et des revues systématiques.

Principes fondamentaux

  • La prévention des chutes devrait favoriser la mobilité, la confiance et la participation, et pas seulement l'évitement des chutes.
  • Les interventions sont plus efficaces lorsqu'elles sont individualisées, progressives et maintenues dans le temps.
  • Les interventions à composante unique sont moins efficaces que les approches multicomposantes, en particulier chez les personnes à risque élevé.

Thérapie par l'exercice 

L'exercice physique est l'intervention individuelle la plus efficace pour réduire les chutes et améliorer la mobilité.

Caractéristiques recommandées :

  • Axé sur l'équilibre et fonctionnel (par exemple, équilibre statique, transfert de poids, marche, rotation)
  • Progressiste et stimulant, mais sûr
  • Effectué au moins 2 à 3 fois par semaine
  • Poursuivre pendant au moins 12 semaines, une durée plus longue étant associée à un bénéfice plus important.

Composantes clés :

  • Entraînement à l'équilibre statique et dynamique
  • Renforcement des membres inférieurs (hanche, genou, cheville)
  • Mobilité fonctionnelle (passage de la position assise à la position debout, montée et descente d'escaliers, exercices de marche)
  • Défis à double tâche ou cognitivo-moteurs, le cas échéant

Aucun programme d'exercices n'est meilleur que les autres ; l'adhésion et la progression sont essentielles.

Éducation et autogestion

L'éducation devrait favoriser la sensibilisation aux risques sans amplifier la peur.

Les éléments clés comprennent :

  • Comprendre les facteurs de risque de chute modifiables
  • Encourager la poursuite des mouvements et éviter les restrictions inutiles
  • Stratégies pour gérer ses efforts, sa fatigue et participer à des activités en toute sécurité
  • Apprivoiser la peur de tomber et renforcer la confiance en soi

L'éducation seule est insuffisante, mais elle améliore l'adhésion et l'engagement lorsqu'elle est combinée à l'exercice physique.

Aides à la mobilité et chaussures

  • Une prescription appropriée et une formation à l'utilisation des aides techniques peuvent réduire le risque de chute.
  • Les chaussures doivent être bien ajustées, à petits talons et antidérapantes.
  • Une réévaluation est essentielle à mesure que le statut de mobilité évolue.

Interventions en matière d'environnement et de sécurité résidentielle

  • L'évaluation et l'aménagement du domicile sont recommandés pour les personnes présentant un risque modéré à élevé, en particulier celles ayant déjà fait des chutes. Une évaluation et une modification des risques liés au domicile sont recommandées pour les personnes présentant un risque modéré à élevé, en particulier celles ayant déjà fait des chutes.

Médicaments et examen médical 

  • Examen et modification des médicaments augmentant le risque de chute (par exemple, les sédatifs, les antihypertenseurs) par les professionnels de la santé
  • L'évaluation de la vision et la gestion des facteurs cardiovasculaires (par exemple, l'hypotension orthostatique) sont des compléments importants.

Interventions à rôle limité ou sélectif

  • Les modalités physiques passives seules
  • Programmes d'exercices non individualisés
  • Activités d'équilibre de courte durée ou de faible intensité

Ces mesures ne doivent pas remplacer les soins structurés et progressifs basés sur l'exercice physique.

10. Facteurs de risque et de pronostic et de pronostic

Facteurs de risque et de pronostic

Le risque de chute et la trajectoire de récupération sont influencés par des facteurs intrinsèques, extrinsèques et contextuels qui interagissent. Les facteurs suivants sont systématiquement associés à un risque de chute plus élevé, à un risque de récidive ou à un rétablissement de la mobilité plus long :

Facteurs intrinsèques

  • Antécédents de chutes, notamment de nombreuses chutes au cours des 12 derniers mois
  • Troubles de l'équilibre et de la démarche, ralentissement de la vitesse de marche, diminution de la force des membres inférieurs
  • Fragilité et déconditionnement
  • Troubles cognitifs, risque de délire ou dysfonctionnement exécutif
  • Déficits sensoriels (vision, fonction vestibulaire, neuropathie périphérique)
  • Affections chroniques (par exemple, ostéoporose, arthrite, maladie de Parkinson, accident vasculaire cérébral, diabète)
  • Hypotension orthostatique ou instabilité cardiovasculaire

Facteurs liés aux médicaments

  • Polymédication
  • Médicaments augmentant le risque de chute (par exemple, sédatifs, hypnotiques, antidépresseurs, antihypertenseurs, anticholinergiques), en particulier les changements récents ou l'augmentation de la dose

Facteurs psychosociaux et comportementaux

  • Peur de tomber et restriction d'activité
  • Faible confiance en soi en matière de mobilité
  • Dépression, anxiété ou isolement social

Facteurs environnementaux et contextuels

  • Environnement domestique ou communautaire non sécuritaire (éclairage insuffisant, surfaces inégales, escaliers sans rampe)
  • Utilisation de chaussures ou d'appareils fonctionnels inappropriés
  • Accès limité aux services de réadaptation ou de soutien aux aidants naturels

Facteurs de protection Les facteurs associés à de meilleurs résultats comprennent :

  • Identification précoce des risques et évaluation multifactorielle
  • Exercice graduel sollicitant l'équilibre, à dose et durée adéquates
  • Prescription et formation relatives aux aides techniques appropriées
  • Modification des risques domestiques lorsque cela est indiqué
  • Combattre la peur de tomber et favoriser la confiance et la participation

Pronostic

  • Une réévaluation est essentielle après une maladie aiguë, une hospitalisation, un changement de médicament ou une transition environnementale, car le niveau de risque peut évoluer rapidement.
  • Les chutes sont prévisibles et évitables chez de nombreuses personnes âgées grâce à une intervention appropriée.
  • Les programmes multicomposants basés sur l'exercice physique peuvent réduire les chutes en améliorant la mobilité, l'équilibre et la confiance.
  • Le pronostic s'améliore grâce à une intervention précoce, une participation soutenue et une bonne observance du traitement.
  • Sans intervention, le risque de chute augmente souvent progressivement en raison du déconditionnement, de l'inactivité liée à la peur et de l'accumulation de comorbidités.
11. Suivi continu
  • Suivre les progrès : Réévaluer les symptômes, l'état fonctionnel et les résultats rapportés par le patient à intervalles appropriés. S'assurer que les soins demeurent conformes aux objectifs, aux valeurs et aux attentes du patient.
  • Adapter le plan de traitement : Réajuster constamment le plan de prise en charge en fonction de l'évolution des objectifs, de la réponse au traitement, des observations cliniques et du jugement professionnel. Modifier les interventions, la posologie, la fréquence ou l'orientation au besoin pour favoriser une amélioration significative.
  • Soutenir l'autogestion : Consolidez la compréhension du patient concernant les stratégies à domicile, les recommandations d'activités et les approches comportementales. Encouragez l'observance du traitement et identifiez les obstacles qui pourraient entraver les progrès.
  • Identifier les plateaux ou les changements de statut : Identifier les phases d'amélioration, de stabilisation ou d'aggravation de l'état du patient. Réévaluer les facteurs contributifs tels que les comorbidités, les influences psychosociales ou l'apparition de nouvelles limitations fonctionnelles.
  • Orientation et cogestion : Envisagez une orientation ou une prise en charge conjointe avec un professionnel de la santé approprié en cas d'amélioration limitée ou inexistante dans un délai prévu (par exemple, de 6 à 8 semaines), lorsque des résultats nouveaux ou préoccupants apparaissent, ou lorsqu'une expertise supplémentaire est nécessaire pour assurer des soins optimaux.
  • Documentation : Enregistrez les évaluations de suivi, les modifications apportées au plan, les commentaires des patients, la réévaluation des objectifs et toute décision de référence ou de cogestion.
12. Critères de sortie
  • Critères de sortie : Établissez des critères clairs pour la fin des soins actifs. Il peut s'agir de l'atteinte des objectifs initiaux du patient, d'une amélioration significative des symptômes ou des capacités fonctionnelles, d'une stabilisation des progrès ou du passage à l'autogestion comme approche principale. Tenez compte des préférences du patient, de ses besoins fonctionnels et de votre jugement clinique pour déterminer son aptitude à quitter l'établissement.
  • Réévaluation clinique : Avant le congé, effectuez une réévaluation ciblée afin de confirmer la stabilité des symptômes, l'état fonctionnel et la confiance du patient dans la gestion de sa maladie. Répondez à toutes les préoccupations restantes et assurez-vous qu'aucun nouveau problème ne nécessite une évaluation supplémentaire.
  • Planification post-hospitalisation : Discutez des stratégies d'autogestion en cours, notamment des recommandations d'activités, des exercices à la maison, des changements comportementaux ou du mode de vie et du suivi des symptômes. Indiquez quand revenir pour un suivi, quand consulter un médecin et quels indicateurs devraient inciter à une évaluation médicale.
  • Besoins futurs en matière de soins : Précisez les options de soins ponctuels, de consultations préventives ou de reprise de contact avec le professionnel de la santé en cas de réapparition des symptômes ou d'évolution des besoins fonctionnels. Encouragez une communication continue si de nouvelles préoccupations surviennent.
  • Documentation : Enregistrez le motif du congé, l'état du patient au moment de sa sortie, les recommandations d'autogestion fournies et le plan de suivi convenu.